Fatiha Morchid

« Aya sawadin tokhfi ya kawsa kozah»

«Quel est ce noir que tu caches ô arc en ciel»

Poésie
Editions Marsam, Rabat 2006.

 

 

Livre paru dans les deux langues arabe et française, traduction française de Abderrahman Tenkoul,

(Voir livres traduits)

 

Extraits du recueil :

Bohémienne

Je suis

En quête de bordures

Pour contenir ma beauté

Que m’importe

La laideur du mur

***

Comment transmettre

Ma folie

A celui qui professe

La folie ?

***

Il a de l’ennui à foison

Pour étreindre la quiétude

Sur les pics des étoiles filantes

***

Il reformule

D’anciennes questions

A l’aide d’un nouveau pinceau

Que les réponses indiffèrent

***

Mes lèvres brûlent

Chaque fois qu’il pose une cigarette

Entre ses lèvres

***

Me comble de lui

Le vermeil de sa langue

Celui qui est étendu

De tous ses frémissements

Sur ma nudité

Hagard

Entre les couleurs

***

Un regard de lui

Soudain jailli

Fend les nuages

L’instant d’après

Me voila noyée

A nouveau orpheline

***

Et ce pinceau

Dont la passion a rongé

La substance

Tel mes os

N’a plus la force

De tenir debout

***

Je désire violemment

L’arrogance des doigts

Qui ramasseraient mes fragments

Du bric-à-brac du temps

Coloreraient mes paupières

De la mémoire des cendres

Et planteraient des clous

Grains de beauté

Sur l’immaculé

***

Sur une braise

Qui d’horizon s’abreuve

Je me suis installée

Souffle sur moi

D’un bleu

Offrant son destin

A la tentation

Multiple

Comme les saisons

Singulier

Comme mon sein

Quand il livre l’âme

A la paume de ta main

***

Je danse

Au rythme de tes pulsations

Comment distinguer mes doigts

De tes doigts ?

***

Ne t’excuse point

D’une erreur

Qui vers toi

Me guida

Continu

Je te promets

De ne pas m’égarer

Sur le chemin de ton cœur

Une seconde fois

Là où tu iras

Ma sueur

Me conduira à toi

***

Enfant tu es

Tu cours après les papillons

Et tu pleures

Si tes doigts se tachent

De leurs couleurs

Je suis tous les papillons

Si tu en brûle un

Renaîtra un autre

De tes cendres

***

Te voici

Chahutant l’espace

Par ton absence

Bruyante

***

Que ferai- je

Du temps

Apres toi

***

Et quel est ce noir

Que tu caches

O arc-en-ciel ?